
Anecdotes
Pierre-Constant Budin
10 anecdotes sourcées autour de ce thème — détails insolites, coulisses et coïncidences vérifiées.
L'école des Mères
En 1892, Budin ouvre à l'hôpital de la Charité la première consultation de nourrissons de France. Les accouchées reviennent chaque semaine, gratuitement, faire peser et examiner leur bébé jusqu'au sevrage. Lui-même l'appelait « l'école des Mères ». Le modèle a essaimé en Belgique, en Italie, en Hongrie, au Canada et en Espagne.
Source : Quand nos grand-mères donnaient la vie, Presses universitaires de LyonLa plus ennuyeuse des consultations
Un confrère étranger venu visiter la consultation de nourrissons de Budin en est ressorti avec ce compliment involontaire : « Votre clinique n'est pas très intéressante, tous les nourrissons vont bien ! » C'était exactement le but.
Source : Biography of Pierre Budin, Neonatology on the WebIl a organisé sa propre opération
En 1885, à 38 ans, Budin souffre de crises hépatiques. Plutôt que de s'en remettre au hasard, il organise lui-même son opération : rendez-vous à Beaulieu-sur-Mer avec le chirurgien britannique Lawson Tait, chloroforme, acide phénique et ablation d'un kyste hydatique. Six mois plus tard, il avait repris son service.
Source : Biography of Pierre Budin, Neonatology on the WebSa dernière lettre, dictée d'une chambre d'hôtel
Parti en congrès à Marseille en janvier 1907, Budin y contracte une pneumonie. Comprenant qu'il ne s'en relèvera pas, il dicte une lettre à ses confrères : « Le destin des enfants français repose sur vous. Je compte sur vous pour faire le travail nécessaire au développement des cliniques de nourrissons. » Il meurt le 22 janvier, dans sa chambre d'hôtel.
Source : Biography of Pierre Budin, Neonatology on the WebLa couveuse vient du poulailler
L'ancêtre de l'incubateur néonatal que Budin a perfectionné est né d'une promenade. Stéphane Tarnier, son maître, aurait eu l'idée en observant les couveuses à oiseaux du Jardin d'acclimatation de Paris. D'où le nom, resté en français : une couveuse.
Source : Stéphane Tarnier - WikipédiaDes cruchons d'eau chaude et des parois de verre
La première couveuse de Tarnier, un coffre en bois chauffé au gaz, coûtait cher. L'interne Alfred Auvard la simplifie en 1883 en la chauffant avec de simples cruchons d'eau chaude. Budin, lui, y ajoute des parois latérales en verre pour repérer les crises de cyanose, et un régulateur qui déclenche une sonnerie électrique en cas de surchauffe.
Source : Tarnier-Auvard-Budin Incubator, Neonatology on the WebDes prématurés en attraction foraine
Martin Couney, présenté comme un associé de Budin, a fait le tour des expositions universelles avec des couveuses et de vrais bébés dedans. À Berlin en 1896, son stand s'appelait le Kinderbrutanstalt, le « couvoir à enfants ». Puis il s'est installé à Coney Island de 1904 à 1943, entrée 25 cents : plus de 8000 prématurés y sont passés, plus de 6500 ont survécu.
Source : Martin Couney and Incubator Exhibits from 1896 to 1943, Embryo Project EncyclopediaFaute de mieux
Budin s'est longtemps méfié de Léon Dufour, le médecin de Fécamp qui distribuait du lait stérilisé aux mères depuis 1894 : il craignait que cela n'encourage l'allaitement artificiel. Dufour partageait la crainte, au point d'avoir donné pour devise à son œuvre de la Goutte de lait un aveu désarmant : « Faute de mieux ». Les deux hommes ont fini par organiser ensemble le premier congrès international des Gouttes de lait, à Paris en 1905.
Source : Docteur Léon Dufour, Le Vieux FécampUne rue, une école, et des fédérés dessous
La rue Pierre-Budin, 123 mètres dans le quartier de la Goutte-d'Or, porte son nom depuis 1912. Au numéro 5 se trouve l'école Pierre-Budin : en 1938, des travaux y ont mis au jour les restes de combattants tombés sur une barricade de la Commune en 1871.
Source : Rue Pierre-Budin - WikipédiaLa veuve décorée à sa place
Marie-Thérèse Budin a repris l'œuvre de son mari après sa mort. La Fondation Pierre Budin devient l'École de puériculture, et sa clinique modèle est inaugurée le 24 mai 1909 par Émile Loubet, ancien président de la République. Le 5 mars 1923, elle reçoit à son tour la Légion d'honneur.
Source : Biography of Pierre Budin, Neonatology on the Web