
Anecdotes
Dostoïevski
10 anecdotes sourcées autour de ce thème — détails insolites, coulisses et coïncidences vérifiées.
Fusillé pendant quelques minutes
Le 22 décembre 1849, à sept heures du matin et par moins vingt degrés, Dostoïevski est conduit place Semenovski devant trois mille curieux. Trois poteaux sont plantés, les condamnés doivent être fusillés par groupes de trois. À l'instant même de la salve, un courrier à cheval traverse la place avec une lettre de l'empereur commuant la peine en bagne. Il racontera la scène vingt ans plus tard, par la bouche du prince Mychkine dans L'Idiot.
Source : Fiodor Dostoïevski - WikipédiaUn roman ou neuf ans de servitude
En 1866, l'éditeur Stellovski tient Dostoïevski par un contrat féroce : pas de roman inédit livré avant le 1er novembre, et il récupère neuf ans de droits sur tout ce que l'écrivain publiera, sans un kopeck. Dostoïevski engage une sténographe et lui dicte Le Joueur en moins d'un mois. Le pari est gagné. Quelques mois plus tard, il épouse la sténographe.
Source : Le Joueur (roman) - WikipédiaUn voyage de noces de quatre ans à la roulette
Partis en Allemagne en avril 1867, Fiodor et Anna ne rentreront en Russie qu'en 1871. Entre-temps, il perd tout à la roulette de Baden-Baden et de Wiesbaden, met son alliance en gage, puis les robes de sa femme. Il n'arrêtera définitivement de jouer qu'en 1871, après une dernière soirée catastrophique.
Source : Fiodor Dostoïevski - WikipédiaQuatre heures du matin pour un manuscrit
En 1845, Grigorovitch apporte à Nekrassov le manuscrit d'un inconnu. Les deux hommes le lisent d'une traite dans la nuit, si retournés qu'ils débarquent chez l'auteur vers quatre heures du matin pour l'embrasser. Nekrassov court ensuite chez le critique Bielinski en criant qu'un nouveau Gogol vient de naître. Les Pauvres Gens rendra Dostoïevski célèbre en quelques semaines.
Source : Les Pauvres Gens - WikipédiaLa Bible de Tobolsk
Sur la route du bagne, le convoi fait étape à Tobolsk en janvier 1850. Les prisonniers y reçoivent la visite des épouses de décabristes qui avaient suivi leurs maris en exil vingt-quatre ans plus tôt. Nathalie Fonvizine remet à Dostoïevski une Bible dont il ne se séparera jamais. Ce sera son seul livre pendant quatre ans.
Source : Fiodor Dostoïevski - WikipédiaDétesté au bagne pour cause de noblesse
À Omsk, son titre de noblesse lui épargne certaines punitions et certains mauvais traitements, ce qui lui vaut d'être copieusement détesté par les autres forçats. En 1852, le commandant de la forteresse demande qu'on lui retire ses fers pour bonne conduite. Nicolas Ier refuse.
Source : Fiodor Dostoïevski - WikipédiaUn fonctionnaire avalé tout vif
En 1865, Dostoïevski publie une nouvelle au titre sobre : Le Crocodile. Un monsieur d'un certain âge et d'une grande respectabilité se fait avaler vivant par le crocodile exposé dans une galerie marchande de Saint-Pétersbourg, et continue de pérorer depuis l'intérieur de l'animal, où il trouve d'ailleurs qu'on est plutôt bien pour réfléchir.
Source : Le Crocodile (nouvelle) - WikipédiaCinquante ans de censure pour un chapitre
Le chapitre « Chez Tikhone » des Démons, où Stavroguine confesse sa faute à un évêque, a été jugé blasphématoire par l'éditeur de la revue et retiré du roman. Il n'a été publié qu'en 1922, quarante et un ans après la mort de Dostoïevski. Beaucoup d'éditions actuelles le rétablissent en annexe.
Source : Les Démons - WikipédiaRéconcilié par Pouchkine
Brouillés depuis leur altercation de Baden-Baden en 1867, Dostoïevski et Tourgueniev ne se parlaient plus. En juin 1880, à l'inauguration du monument à Pouchkine, Dostoïevski prononce un discours qui met la salle en larmes. Tourgueniev est le premier à venir l'embrasser.
Source : Fyodor Dostoevsky - WikipediaUne station de métro accusée de pousser au suicide
La station Dostoïevskaïa du métro de Moscou, ouverte en 2010, est décorée de fresques noires reprenant les grandes scènes des romans : le meurtre à la hache de Crime et Châtiment, le suicide de Svidrigaïlov. Avant même l'inauguration, des psychologues russes s'inquiétaient publiquement d'en faire une « Mecque du suicide ».
Source : La station de métro Dostoïevski, tellement lugubre qu'elle peut pousser au suicide - France 24 Observateurs